FORMES JURIDIQUES 27.07.26 · 7 MIN

SAS : établissement secondaire ou transfert de siège ?

Ouvrir une succursale ou transférer le siège de votre SAS ? Comparez les démarches, coûts et impacts juridiques pour choisir la bonne option en 2026.

Sommaire — 7 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 Ouvrir un établissement secondaire conserve le siège actuel ; transférer le siège le déplace définitivement — ce sont deux opérations sans commune mesure.
02 Le transfert de siège d'une SAS modifie les statuts et impose une annonce légale, voire une double publicité si vous changez de ressort de greffe.
03 L'établissement secondaire nécessite une déclaration auprès du guichet unique INPI mais ne touche pas aux statuts — la procédure est plus légère.

Votre SAS s’implante dans une nouvelle ville : faut-il transférer le siège social ou ouvrir un établissement secondaire ? La réponse dépend de votre stratégie réelle. Le transfert de siège déplace l’adresse juridique officielle et modifie les statuts. L’établissement secondaire ajoute un site d’exploitation sans toucher au siège. Les procédures, les coûts et les effets juridiques sont radicalement différents.


Deux opérations, deux logiques distinctes

Avant de choisir, il faut comprendre ce que chaque option fait concrètement à votre SAS.

Transférer le siège social, c’est déplacer l’adresse mentionnée dans les statuts (article 1835 du Code civil ; article L210-3 du Code de commerce). Cette adresse détermine le greffe compétent, le tribunal commercialement compétent, la domiciliation fiscale et l’adresse qui figure sur tous vos documents officiels. C’est la décision la plus structurante : elle suppose une modification statutaire, une annonce légale et une inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés.

Ouvrir un établissement secondaire, c’est déclarer un lieu d’activité supplémentaire — bureau, entrepôt, agence — sans toucher au siège. La société reste juridiquement ancrée à la même adresse. L’établissement secondaire reçoit un numéro SIRET propre, mais le SIREN ne change pas dans les deux cas.

⚠️ Erreur fréquente : certains dirigeants pensent qu’en “domiciliant leur activité” à la nouvelle adresse sans formalité, le changement est acté. Ce n’est pas le cas. Une adresse de fait non déclarée ne vaut pas modification statutaire ; elle expose même la société à un redressement si le fisc considère que le siège réel a changé sans déclaration.


Le transfert de siège d’une SAS : qui décide, comment, et à quel coût ?

Qui a compétence dans une SAS ?

La SAS bénéficie d’une liberté statutaire étendue (articles L227-1 et suivants du Code de commerce). La loi ne fixe pas d’organe par défaut : c’est aux statuts de désigner qui peut décider du transfert. En pratique, on rencontre trois configurations :

Configuration statutaireOrgane compétentFormalité associée
Décision du président seulPrésidentDécision unilatérale écrite
Décision collective ordinaireAssemblée des actionnaires (majorité statutaire)Procès-verbal d’assemblée
Décision collective extraordinaireAssemblée des actionnaires (majorité renforcée)PV d’assemblée + nouvelle version des statuts

Si vos statuts sont muets sur ce point, la prudence commande de soumettre le transfert à l’assemblée. Relisez vos statuts avant toute chose — et si la clause n’est pas claire, consultez un professionnel.

La procédure pas à pas

  1. Décision statutaire : l’organe compétent prend la décision de transférer, dans les formes prévues par vos statuts. Le gérant — ou ici le président — signe la décision ou le procès-verbal.
  2. Mise à jour des statuts : le texte statutaire mentionnant l’ancienne adresse est modifié pour refléter la nouvelle. Le client reste l’auteur et le signataire de ce document ; nous produisons un modèle pré-rempli à partir des informations que vous nous communiquez.
  3. Annonce légale : publication d’un avis dans un support habilité du département du nouveau siège (loi n° 55-4 du 4 janvier 1955). Le forfait légal est de 109 € HT HT. Si le transfert implique un changement de ressort de greffe, une annonce légale dans le département de départ et une dans le département d'arrivée — c’est le piège le plus courant que l’on voit en pratique.
  4. Déclaration au guichet unique INPI : inscription modificative au RCS dans le délai de un mois suivant la décision (article R123-66 du Code de commerce). Le Kbis mis à jour mentionne la nouvelle adresse et, le cas échéant, l’historique des sièges antérieurs.
  5. Mise à jour des tiers : banque, URSSAF, assureurs, clients, fournisseurs. Ce n’est pas une formalité légale, mais un oubli ici peut bloquer des paiements ou des courriers officiels.

💡 Le cas “Mistral Conseil” illustre bien ce point. Antoine, gérant de cette EURL basée à Mérignac (33), a transféré son siège à Bayonne (64). Ce changement de département a impliqué deux annonces légales — une en Gironde, une dans les Pyrénées-Atlantiques — et un changement de greffe. Même logique pour une SAS qui franchirait la même frontière administrative.

Pour connaître le détail des frais de greffe applicables à votre situation, consultez directement notre page dédiée au transfert de siège social d’une SAS.


L’établissement secondaire : une procédure plus légère, mais des obligations réelles

Ce que l’établissement secondaire change (et ne change pas)

L’ouverture d’un établissement secondaire n’affecte pas les statuts. Le siège social reste là où il est. En revanche, la société doit déclarer ce nouvel établissement auprès du guichet unique INPI, qui procède à l’immatriculation secondaire au RCS du ressort du nouvel établissement.

Ce qui ne change pas : le SIREN, les statuts, le greffe du siège, le tribunal compétent pour les litiges liés à la vie sociale.

Ce qui change : un nouveau SIRET est attribué à l’établissement secondaire ; une ligne supplémentaire apparaît au RCS ; la société peut avoir des obligations locales (bail, déclarations à la mairie selon l’activité, etc.).

Annonce légale : est-elle obligatoire ?

Oui, si l’établissement secondaire est situé dans un département différent de celui du siège. La publication doit intervenir dans un support habilité du département d’implantation de l’établissement secondaire. Si l’établissement est dans le même département que le siège, la publicité légale n’est généralement pas requise — [À VÉRIFIER selon votre situation précise et l’activité exercée].

Les obligations à ne pas négliger

  • Justificatif de jouissance du local : bail commercial, contrat de domiciliation, ou attestation du propriétaire. Sur ce dernier point, notre guide sur l’accord écrit du propriétaire pour y fixer le siège détaille les clauses à vérifier — les mêmes logiques s’appliquent pour un établissement secondaire.
  • Respect de la destination du local : un bail d’habitation ne permet pas d’y installer un établissement commercial sans autorisation de changement d’usage.
  • CFE (cotisation foncière des entreprises) : l’établissement secondaire crée un lieu d’imposition supplémentaire. La CFE est établie d’après la situation au 1er janvier (article 1478 du Code général des impôts). L’année d’ouverture, une imposition au prorata peut s’appliquer.

Tableau comparatif : établissement secondaire vs transfert de siège

CritèreTransfert de siègeÉtablissement secondaire
Modification des statuts✅ Obligatoire❌ Non requise
Annonce légale✅ Obligatoire (1 ou 2 selon le ressort)✅ Si nouveau département
Déclaration INPI / RCS✅ Inscription modificative✅ Immatriculation secondaire
Changement de SIREN❌ Non❌ Non
Changement de SIRET✅ Si nouvelle commune✅ Nouveau SIRET attribué
Changement de greffe compétent✅ Si hors ressort❌ Non (greffe du siège reste compétent)
Présence physique maintenue à l’ancienne adresse❌ Non (sauf établissement secondaire créé)✅ Oui (le siège y reste)
Coût global estiméFrais de greffe (166,71 € TTC ou 216,73 € TTC) + annonce(s) légale(s) + honorairesFrais de greffe [À VÉRIFIER] + annonce légale si hors département
Délai de déclarationun moisun mois

Comment choisir entre les deux options ?

La question n’est pas technique, elle est stratégique. Voici les scénarios les plus courants rencontrés en pratique :

Optez pour le transfert de siège si :

  • Vous quittez définitivement l’ancienne adresse (fin de bail, déménagement personnel du dirigeant, fin de contrat de domiciliation).
  • Vous souhaitez aligner le siège avec le lieu réel de direction et de gestion, ce que l’administration fiscale et les juges peuvent exiger si le “siège réel” est manifestement ailleurs.
  • Votre ancienne domiciliation n’a plus d’objet (la société de domiciliation cesse, le local est vendu, etc.).

Optez pour l’établissement secondaire si :

  • Vous maintenez une activité effective à l’ancienne adresse (équipe, clients, locaux conservés).
  • Vous testez un nouveau marché géographique avant d’y ancrer définitivement la société.
  • Vous avez plusieurs sites d’exploitation et souhaitez garder un siège central stable.

📌 Un cas mixte est possible : transférer le siège vers la nouvelle adresse ET créer un établissement secondaire à l’ancienne, pour maintenir une présence légale dans les deux villes. C’est la solution choisie par certaines SAS en croissance qui ont des équipes dans plusieurs régions. Cela implique deux déclarations distinctes.


Les pièges à éviter absolument

Piège n° 1 — La double publicité oubliée en cas de changement de ressort. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse en temps. Si votre SAS passe du ressort du greffe de Lyon à celui de Nantes, vous devez publier une annonce légale dans le Rhône ET en Loire-Atlantique. Une seule annonce suffit si vous restez dans le même département. Consultez notre article sur les mentions obligatoires de l’annonce de changement de siège pour ne rien oublier.

Piège n° 2 — Des statuts qui n’anticipent pas le transfert. Certaines SAS ont des statuts rédigés de façon restrictive, qui exigent une AGE pour tout changement — y compris un déménagement d’un immeuble à l’autre dans la même rue. Si la convocation d’une assemblée extraordinaire prend du temps, votre délai d’un mois pour déclarer la modification (article R123-66 du Code de commerce) peut être dépassé. Vérifiez vos statuts avant de signer un nouveau bail.

Piège n° 3 — L’adresse refusée par le greffe. Ni le transfert de siège ni l’établissement secondaire ne sont automatiquement acceptés. Si le justificatif de jouissance est insuffisant ou si l’adresse pose problème (local non conforme, bail non commercial pour une activité commerciale), le greffe peut refuser. Notre article sur l’adresse de siège social refusée par le greffe détaille les recours disponibles.

Piège n° 4 — L’annonce légale mal rédigée. Un avis de transfert de siège incomplet peut entraîner un rejet et rallonger la procédure. Retrouvez un exemple complet d’annonce légale de changement de siège pour vérifier que toutes les mentions sont présentes avant publication.


Ce que nous faisons pour votre SAS

Chez transfertdesiege.fr, nous gérons l’ensemble des formalités de transfert de siège pour votre SAS : préparation du dossier, modèle de décision pré-rempli (que vous signez en tant que président ou actionnaire), publication de l’annonce légale, transmission au guichet unique INPI et suivi jusqu’à la réception du Kbis mis à jour.

Nos honoraires démarrent à 150 € HT, auxquels s’ajoutent les frais de greffe (166,71 € TTC dans le même ressort, 216,73 € TTC en cas de changement de greffe) et le coût de l’annonce légale (109 € HT HT par département).

Pour l’établissement secondaire, nous pouvons également prendre en charge la déclaration — contactez-nous pour un devis adapté à votre situation.


Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr (Bordeaux), spécialiste des formalités juridiques pour dirigeants et professions réglementées. Mis à jour le 24 juillet 2026.

Marie Gattepaille
Supervise les dossiers du réseau · relu le 24.07.26
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