FORMES JURIDIQUES 16.07.26 · 7 MIN

Transfert de siège SAS : conséquences et formalités post-transfert

SIREN inchangé, SIRET modifié, banque à prévenir, contrats à mettre à jour : toutes les conséquences concrètes du transfert de siège d'une SAS, étape par étape.

Sommaire — 6 parties
L'ESSENTIEL EN TROIS LIGNES
01 Le transfert de siège d'une SAS ne modifie pas le SIREN mais entraîne un changement de SIRET si la commune change.
02 La compétence pour décider du transfert est fixée librement par les statuts de la SAS (articles L227-1 et suivants du Code de commerce).
03 Un transfert hors ressort de greffe impose une double annonce légale : une dans le département de départ, une dans le département d'arrivée.

Le transfert de siège social d’une SAS ne se limite pas à une formalité administrative. Il déclenche une série de conséquences concrètes : modification du SIRET, mise à jour des contrats, information de la banque, impact potentiel sur la CFE. Voici ce qui change réellement — et ce qu’il faut anticiper pour éviter les blocages.

Ce qui change (et ce qui ne change pas) côté identifiant légal

C’est la première question que posent les dirigeants : faut-il tout modifier, jusqu’au tampon de la société ?

La réponse est nuancée. Le numéro SIREN est permanent : il est attribué à la personne morale à sa création et ne change jamais, quelle que soit l’adresse du siège. Le transfert de siège ne crée pas une nouvelle société — la continuité de la personne morale est garantie par article L210-6 du Code de commerce.

En revanche, le numéro SIRET identifie un établissement localisé. Si votre SAS déménage dans une commune différente, l’INSEE attribue un nouveau SIRET à l’établissement principal. Ce changement se répercute sur :

ÉlémentImpacté ?Précision
SIREN❌ NonIdentifiant de la personne morale, permanent
SIRET établissement principal✅ Oui (si nouvelle commune)Nouveau numéro attribué par l’INSEE
Code APE / NAF❌ NonLié à l’activité, pas à l’adresse
Numéro TVA intracommunautaire❌ NonConstruit sur le SIREN, inchangé
Extrait Kbis✅ OuiMis à jour après inscription modificative au RCS
Statuts✅ OuiLe siège est une mention obligatoire (article L210-3 du Code de commerce)

⚠️ Piège fréquent : certains dirigeants continuent à utiliser l’ancien SIRET sur les factures et les déclarations après le transfert. Or, dès l’inscription modificative au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), c’est le nouveau SIRET qui doit figurer sur tous les documents commerciaux. Un décalage peut entraîner des rejets de factures ou des difficultés avec l’administration fiscale.

La décision de transfert dans une SAS : qui a le pouvoir ?

Avant de parler de conséquences, il faut s’assurer que la décision a été prise par le bon organe — sans quoi la formalité pourrait être contestée.

La SAS se distingue par sa liberté statutaire, consacrée par articles L227-1 et suivants du Code de commerce. Contrairement à la SARL (article L223-18 du Code de commerce) ou à la SA (article L225-36 du Code de commerce), il n’existe pas de règle légale supplétive uniforme : c’est votre pacte social qui désigne l’organe compétent.

En pratique, trois configurations sont courantes :

  • Le président décide seul : c’est l’option la plus souple, fréquente pour les SASU ou les SAS dont les statuts confèrent une large délégation au président.
  • Une décision collective des associés est requise : certains statuts l’exigent, parfois à une majorité qualifiée, dès lors que le siège quitte le département ou le ressort du greffe.
  • Un organe intermédiaire (comité de direction, directeur général) : possible si les statuts le prévoient expressément.

📌 En pratique — Mistral Conseil : Antoine, gérant de l’EURL Mistral Conseil, a bien vérifié ses statuts avant de transférer de Mérignac (33) à Bayonne (64). Dans le cas d’une SAS similaire, la même rigueur s’impose : une décision prise par le mauvais organe est nulle, et le greffe peut refuser l’inscription modificative si le procès-verbal ne mentionne pas la référence statutaire correcte.

Conservez précieusement le procès-verbal de décision : il sera exigé par le greffe lors du dépôt du dossier.

Formalités post-décision : le chemin jusqu’au nouveau Kbis

Une fois la décision prise et les statuts modifiés, voici la séquence exacte à respecter.

1. Publication de l’annonce légale

Toute modification statutaire doit faire l’objet d’une publication dans un support habilité à recevoir les annonces légales (JAL ou service de presse en ligne habilité), conformément à loi n° 55-4 du 4 janvier 1955.

Le tarif de l’annonce de transfert est forfaitaire : 109 € HT HT en métropole (126 € HT HT pour La Réunion et Mayotte).

Cas particulier du changement de ressort : si votre SAS quitte le ressort d’un greffe pour rejoindre celui d’un autre département, vous devez publier une annonce légale dans le département de départ et une dans le département d'arrivée. Cette double publicité est l’un des points les plus souvent oubliés. Pour en savoir plus sur les mentions exigées dans chaque annonce, consultez notre guide sur l’annonce légale transfert de siège : mentions obligatoires et notre exemple complet d’annonce légale de changement de siège 2026.

2. Dépôt au guichet unique INPI

La déclaration de modification est déposée exclusivement via le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.fr), géré par l’INPI. Le greffe compétent traitera ensuite l’inscription modificative au RCS et la mise à jour du Registre National des Entreprises (RNE).

Le dossier comprend généralement :

  • Le procès-verbal de décision (ou décision du président si statutairement autorisé)
  • Les statuts mis à jour et signés
  • L’attestation de parution de l’annonce légale
  • Le justificatif de jouissance des locaux (bail, titre de propriété, contrat de domiciliation…)
  • Le formulaire de déclaration dûment complété

Sur ce dernier point, si vous optez pour une domiciliation, vérifiez que le contrat est conforme aux exigences légales. Notre article sur l’accord écrit du propriétaire pour y fixer le siège détaille les pièces acceptées selon les situations.

La modification doit être déclarée dans un délai de un mois suivant la date de la décision (article R123-66 du Code de commerce).

3. Réception du nouveau Kbis

Après validation par le greffe, un nouvel extrait Kbis est disponible. C’est ce document — et la date d’inscription modificative qu’il mentionne — qui fait foi pour tous vos interlocuteurs.

Pour piloter l’ensemble de ces démarches sans risque d’oubli, notre service transfert de siège social d’une SAS prend en charge la procédure de bout en bout, de la rédaction de la décision à la publication de l’annonce légale.

Impact sur les contrats, la banque et les tiers

C’est souvent la partie la moins anticipée du transfert de siège. Pourtant, c’est celle qui génère le plus de frictions opérationnelles dans les semaines qui suivent.

La banque en priorité

Votre convention de compte professionnel mentionne l’adresse du siège. La banque est un créancier mais aussi un partenaire contractuel : informez-la dès réception du Kbis mis à jour, en transmettant une copie certifiée conforme. Certains établissements exigent une mise à jour du dossier KYC (Know Your Customer), ce qui peut prendre plusieurs semaines.

Les contrats commerciaux

Bail commercial, contrats fournisseurs, contrats clients, assurances professionnelles : tous mentionnent l’adresse de la société. Si un contrat comporte une clause de domiciliation ou une obligation de notification en cas de changement d’adresse, son non-respect peut constituer une cause de résiliation ou engager votre responsabilité.

Établissez une liste exhaustive de vos contrats et envoyez un avenant ou un simple courrier de notification selon les cas. L’attestation de parution de l’annonce légale et le Kbis constituent les pièces justificatives à joindre.

Les administrations

  • Service des impôts des entreprises (SIE) : à informer du changement d’adresse, notamment pour la domiciliation fiscale et les correspondances.
  • URSSAF / caisse de retraite : mise à jour de l’adresse de l’entreprise.
  • Douanes (si applicable) : si votre SAS dispose d’un numéro EORI ou d’autorisations douanières liées à l’adresse.

💡 Conseil pratique : constituez un fichier récapitulatif de toutes les entités à notifier avant le transfert. Classez-les par ordre de priorité (banque, assureur, SIE en tête) et cochez au fur et à mesure. Cette liste vous évitera des oublis coûteux.

Conséquences fiscales : CFE, TVA et domiciliation

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE est établie d’après la situation au 1er janvier de l’année d’imposition (article 1478 du Code général des impôts). En cas de transfert de siège en cours d’année, deux situations se présentent :

  • Transfert dans la même commune : pas de changement de commune de rattachement, pas de modification de la base CFE pour l’année en cours.
  • Transfert dans une nouvelle commune : la CFE de l’année en cours reste due à l’ancienne commune (situation au 1er janvier). Dès l’année suivante, c’est la nouvelle commune qui perçoit la CFE. Selon article 1478 du Code général des impôts, un prorata peut s’appliquer l’année du transfert [À VÉRIFIER : modalités exactes du prorata selon votre situation communale — consulter votre SIE].

TVA et numéro de TVA intracommunautaire

Comme indiqué plus haut, le numéro de TVA intracommunautaire est calculé sur la base du SIREN et ne change pas. En revanche, informez votre SIE du changement d’adresse pour éviter tout décalage dans les correspondances fiscales.

Domiciliation commerciale

Si le nouveau siège est une adresse de domiciliation (société de domiciliation, pépinière d’entreprises), vérifiez que le contrat de domiciliation est conclu pour une durée minimale [À VÉRIFIER : durée légale minimale du contrat de domiciliation commerciale] et qu’il mentionne explicitement votre dénomination sociale et votre numéro SIREN. Le greffe vérifie systématiquement la conformité de ce justificatif de jouissance — un dossier refusé sur ce motif entraîne un délai supplémentaire. Consultez notre article sur les adresses non recevables pour domicilier une société pour anticiper ce risque.

Ce que nous faisons pour vous chez transfertdesiege.fr

Le transfert de siège d’une SAS mobilise plusieurs intervenants : rédacteur de l’acte, service de publication des annonces légales, guichet unique INPI. Coordonner ces étapes sans expérience de la procédure est source d’erreurs — et certaines sont difficiles à corriger après coup (annonce parue avec une mention erronée, procès-verbal insuffisant, dossier incomplet).

Notre service prend en charge l’intégralité du dossier :

  • Rédaction du procès-verbal ou de la décision du président
  • Mise à jour des statuts
  • Publication de l’annonce légale (dans un ou deux départements selon le cas)
  • Dépôt complet au guichet unique INPI
  • Suivi jusqu’à la réception du Kbis

Pour toute question sur votre situation spécifique, contactez-nous — nous vous répondons sous 24 heures ouvrées.


Article rédigé par Marie Gattepaille, dirigeante de Legidesk.fr (Bordeaux), spécialiste des formalités juridiques pour dirigeants et professions réglementées.
Mis à jour le 8 juillet 2026.


[À VÉRIFIER : modalités exactes du prorata de CFE l’année du transfert selon la commune d’accueil — à confirmer auprès du SIE ou de la documentation fiscale à jour.]
[À VÉRIFIER : durée légale minimale du contrat de domiciliation commerciale — vérifier le droit positif applicable à la date de publication.]

Marie Gattepaille
Supervise les dossiers du réseau · relu le 08.07.26
150 € HT
vérifié avant dépôt
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